Silent Place – L’appel silencieux
Dans Silent Place, Camille Eugénie Marchand explore la détresse intérieure et le sentiment de perte à travers une série d’autoportraits aquatiques à la fois troublants et hypnotiques. Plongée dans un monde de silence, l’artiste met en scène sa propre vulnérabilité, capturant l’instant où l’on cherche une issue, un souffle, une main tendue.
Inspirée par une période d’incertitude profonde après son diplôme et marquée par l’isolement du confinement, cette série est née d’un besoin viscéral de s’exprimer. L’eau devient ici un espace à la fois oppressant et libérateur, un lieu de lutte et de contemplation où chaque regard – intensément dirigé vers le spectateur – semble murmurer un appel à l’aide.
La palette de bleu-vert, soigneusement choisie, crée une ambiance à la fois froide et mystérieuse, entre réalité et rêve. En s’inspirant du langage cinématographique de la couleur, Camille Eugénie Marchand façonne une atmosphère immersive, proche de l’introspection nocturne, où l’absence de son amplifie l’impact visuel.
Techniquement, la série s’appuie sur une mise en scène épurée mais chargée de sens : une piscine comme espace flottant, un miroir immergé pour troubler la perception, et une lumière diffuse qui enveloppe l’image d’une atmosphère presque irréelle. Ce que l’on perçoit n’est pas directement le corps de l’artiste, mais son reflet, flottant entre deux mondes, accentuant la sensation de décalage et de vertige.
Avec Silent Place, Camille Eugénie Marchand ne cherche pas seulement à capturer un instant, mais à provoquer une émotion. Face à ces images, le spectateur oscille entre inquiétude et fascination, invité à ressentir cette tension entre le poids du silence et l’espoir d’un renouveau. Une plongée dans l’âme, où la beauté côtoie la douleur, et où le regard devient la seule voix possible.